CONTEXTE D'UN PROJET D’UTILISATION DES TICE
Ce projet
s’inscrit dans le cadre de la Loi d’orientation de l’éducation du 04 Avril 1998
au Cameroun[1]. Cette Loi accorde une
place de grande importance à la formation de l'enfant en vue de son
épanouissement global et son insertion harmonieuse dans la société.
L'enseignant qui est le principal garant de la qualité de l'éducation, a droit,
à ce titre et dans la limite des moyens disponibles, à des conditions de vie
convenables, ainsi qu'à une formation initiale et continue appropriée. Aussi
l’appropriation des Technologies de
l’Information et de la Communication (TIC) ne constitue-t-elle pas un
levier important dans la formation de l’enseignant.
Au cours de la dernière décennie, le développement des
TIC a fait entrer le monde dans une nouvelle ère aux défis sociaux et économiques
incommensurables. Seulement, les statistiques concernant l’usage des TIC au
Cameroun ne sont pas satisfaisantes. De 1999 à 2007, la télédensité du
téléphone fixe (ligne fixe et CDMA) est passée de 0,6% à 1,5% ; celle du
téléphone mobile de 0,04% à 24,45% et celle d’Internet de 0,012% à 0,13%[2]. Et de nombreuses disparités existent entre les zones
urbaines (Yaoundé et Douala essentiellement) et les zones rurales. Pourtant le
Cameroun dispose d’un énorme potentiel susceptible de faire de lui un pôle
majeur de développement des TIC en Afrique centrale. Le pays est doté d’une
dorsale en fibre optique déployée tout au long du tracé du pipeline Tchad –
Cameroun et non encore suffisamment exploitée.
En effet, dans
la société de l’information et des savoirs véhiculée par les TIC, plus que les
infrastructures physiques, les hommes et les femmes constituent le premier
capital dans la compétition que se livrent les pays et les nations pour se
positionner sur l’échiquier scientifique, culturel, économique et politique
mondial. Mais, le Cameroun fait actuellement face à un problème d’insuffisance
quantitative et qualitative de ressources humaines dans les domaines technique
et managérial en général, et dans les Technologies de l’Information et de la
Communication en particulier.
Le système
éducatif formel (du primaire au supérieur) n’est pas encore en mesure de
permettre à tous les élèves d’apprendre l’usage des TIC. Pour quelques temps
encore, l’écrasante majorité des sortants du système éducatif n’aura reçu
aucune formation aux TIC. A titre d’illustration, moins de 5% des étudiants du
supérieur reçoivent une formation dans l’usage des TIC. Les sortants du système
éducatif camerounais, dans la majorité, manquent de culture TIC.
Je suis pour ma part Surveillant Général et enseignant de
Mathématiques dans un Collège d’Enseignement Secondaire d’une petite localité
rurale. Parallèlement, à une vingtaine de kilomètres de là, je dispense des
cours de Mathématiques au Lycée du chef lieu d’Arrondissement dont dépend le
Collège dans lequel je suis affecté. J’interviens dans ce Lycée à cause d’une
insuffisance de personnel. Je reçois d’autres sollicitations d’intervention du
même genre au niveau départemental. Malheureusement je ne peux y répondre
favorablement.
Le contexte est
donc, à tous égards, favorable pour une action vigoureuse en faveur de la
définition d’une politique volontariste de développement des TIC et
l’élaboration des stratégies efficaces et cohérentes pour accélérer
l’intégration du Cameroun dans la civilisation de l’information et l’économie
mondiale du savoir.